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Appolline
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-Déménagement-
Je change encore, oui. Et ça m'embête un peu parce que 20six c'est bien, mais ils limitent les photos. Donc maintenant, tout se passe ici :-)
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-Rétrospection, guimauve et confusion-
J'écoute les Valses de Viennes. Et je repense aux vacances quand j'étais petite. Quand mes parents mettaient des musiques à eux. Quand Eric et moi on finissait par connaître les chansons par coeur à force de les entendre. Quand je rêvassais en regardant par la fenêtre. Quand je me demandais comment il serait, mon amoureux. S'il viendrait me murmurrer des jolies choses à l'oreille, s'il ferait tourner mes jupes, s'il me prendrait par la main, s'il m'entraînerait aller dévaler les pentes d'une colline, s'il me regarderait en souriant, s'il me ferait des clins d'oeil, si si si... Et je me souviens qu'à force d'imaginer tout ça, je ne voyais même plus le paysage. Autour de moi tout disparaissait. Un peu comme quand j'étais dans le train en rentrant de Toulouse, et qu'à force de penser à lui, son prénom, tout ça, j'ai fini par oublier son visage, son existence. Comme si la pensée m'avait entraînée au plus profond de mon être. Comme si je m'étais noyée à l'intérieur de moi-même. Je ne savais plus où j'étais, je ne savais plus qui j'étais. Je ne comprenais même plus la signification de son prénom. S'il est comme je le voulais, comme je l'imaginais, je ne sais pas. Je me souviens que je voulais un prince. J'ai eu un prof. Un prof plus beau qu'un prince. Je suis trop restée sur internet aujourd'hui, alors j'ai vu ni le temps passer, ni le soleil décliner. J'ai changé trois fois de livre cet après-midi parce que j'en ai trop à lire et que je sais pas par lequel commencer, et j'ai reçu une grosse enveloppe brune avec mon écriture dessus aussi. Quand mon père me l'a tendue, je l'ai fixé, je comprenais pas. Et puis tilt : enveloppe brune avec des dossiers d'inscription à l'intérieur. Ne pas l'ouvrir. Pas aujourd'hui. Je l'ouvrirai demain, au réveil. D'ailleurs ça devient une manie. D'attendre le matin pour lire des lettres. Ou le milieu de la nuit.
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-Voilà-
Ca y'est. Fini. Stop. Ende der Woche. Dans la salle d'examen, il est trois heures et demi quand M. sort. Une en vacances, je pense entre deux exercices de Verständnis. Puis J. s'en va, suivi de E. et puis F. Ils s'en vont tous. Ils sont tous en vacances maintenant. Et moi, même si j'avais pu terminer plus tôt, non je suis restée jusqu'à la fin. Comme d'habitudes. Rendre mes deux copies, émarger, saisir mon sac noir, ranger mes stylos dans ma trousse, ramasser mon brouillon bleu, ma convocation, ma carte d'identité. Tout. Coup d'oeil vers L. On sort. Elle : Putain j'ai complètement foiré l'Allemand... Moi : On est en vacanceuh ! Descendre les escaliers en faisant voler ma jupe. L. traîne péniblement derrière. Et moi je sautille sans vraiment réaliser que. C'est. Fini. Et puis on arrive dans la cour, et là. Personne. Mince ils avaient dit qu'on irait manger une glace tous ensemble. Je sautille plus. L'énervement la fait avancer plus vite. On ne sait pas où sont les autres. Je dis que je compte pas les appeler. Que c'est clair pour moi. Que s'ils avaient vraiment envie qu'on vienne, ils nous auraient attendues. Que je ne suis même pas fâchée. Simplement déçue. Parce que je sors de cette dernière épreuve comme on sortait tous les soirs de cours. Parce que rien ne change vraiment, que la fin est là mais qu'elle reste invisible. Comme si ç'aurait été le sirop de violette qui m'aurait vraiment fait ressentir. La fin. Fin de ces cours de Littérature où personne n'écoutait plus rien. Fin des cours de Philo avec un prof lunatique et les trois du premiers rang qui collaient des gomettes sur son agenda. Fin des Österhaase de la prof d'Allemand, des caprices de la prof d'Anglais, des boutades de la prof d'Histoire et des L.-il-est-quelle-heure-je-m'ennuie en Italien. Alors oui, je suis déçue. Parce que malgré les tensions avec C. et d'autres, j'avais encore l'espoir qu'elles feraient un effort. Juste pour la fin. Mais tant pis. De toutes façons, je déteste les gens inconstants. Ceux qui vous aime un jour et vous méprisent le lendemain. Non je n'aime pas l'inconstance chez les gens. Peut-être parce que je peine à accepter la mienne. Peut-être, oui. Bref, je suis quand même rentrée contente. la première musique que j'écoute en vacances c'est une que Lola-Valérie m'avait envoyée, alors dans le train, je pense à elle et je souris. Je ne réalise toujours pas trop. Parce qu'il y a pas vraiment eu de rupture. Tout est venu progressivement. Et maintenant. Je suis légère. Un peu comme la petite enveloppe blanche que mon père m'a tendue ce matin.
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-Exposée une heure avant-
Ca cogne encore. Ca cogne toujours. Ca cogne tellement fort que mon coeur balance. J'ai envie de vomir. C'est dégoûtant tous ces cris, c'est dégoûtant tous ces mots, tous ces reproches, toutes ces horreurs qui sortent de vous. On dirait des animaux. Ou même pas. Ou même plus. Ils sont tous tout rouges. L'un tremble, l'autre serre les lèvres. Il dit qu'il a envie de. Qu'il peut plus. Qu'il veut rien, parce que de toutes façons il y a rien à faire. Discours inutiles. Et pourtant tout est toujours aussi rouge. Je regarde ma soupe aux lentilles. Jouer avec la cuillère en essayant de fermer mes oreilles, sans y toucher. Je m'en fiche je m'en fiche je m'en fiche. Littérature dans une heure alors je m'en fiche. Des choses qui volent autour. Des voix qui viennent s'écraser contre les murs. Je suis dans une grosse bulle. D'habitudes. Je ne les entends pas. D'habitudes. Non, je ne suis jamais vraiment là. Parce que faire l'autruche comme ça, c'est peut-être lâche oui, mais c'est ma manière de me protéger à moi. Il crie. Tu cries. Vous hurlez. Ils vomissent. Crachent presque du sang. La tête ne contrôle plus les mains, la tête ne contrôle plus rien. Les mots, les gestes, tout s'envole, tout s'en va. Mes yeux fixés sur la soupe au lentilles. Sentir le vent de leur gestes. Sentir leur haleine, chaude, brûlante. Sentir. Que je suis plus protégée. Que ma bulle, elle est explosée. Percée. dégonflée. Disparue. Noyée dans leur paroles. Ecorchée. Regarder ma soupe aux lentilles. De l'eau sur mes joues. Ils se regardent. Ils se crient dessus. Et moi, lamentablement. Hors de ma bulle. Les yeux fixés sur cette bouillie marron où j'étouffe mes sanglots. Ils ne voient rien. Eux ne voient plus. Tout est submergé. De cris.
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-J-2-
Ca cogne contre les murs, ça crie, ça brise les verres, ça fait du bruit. Le modèle méchaniciste de Descartes... Ca crie encore, ça n'arrête pas. Et le modèle méchaniciste, il rentre pas.
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-Entre parenthèses-
Ca sent le drap fraîchement lavé dans ma chambre, j'aime pas cette odeur de tissu chaud qui vient juste d'être repassé. Ca fait 5 jours que je suis pas sortie, je dis à mon père cet après-midi. Rentrée tôt. Imprévu. Comme j'aime pas. De pas avoir le temps de stresser dans les couloirs, d'être prise de court comme ça. Mais. Tant pis. On verra...
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-Mood-
Dernier jour de cours, elle soupire S. ; moi, je ne réalise pas trop. De toutes façons, mon esprit n'est pas libre. Il y a tellement de choses qui encombrent ma tête qu'il y a presque plus de place pour les photos de promo, les larmes de K., les sirops à la pêche, les gâteaux au chocolat, et ce soleil qui me rappelle le jour où on a tous séché la littérature. Je me sens. Un peu. Vide. Ce soir, il ne répond pas à mon texto et son téléphone sonne dans le vide. Tant pis. Tout ça me vexe parce que je suis fatiguée alors j'ai pas de patience et tout m'agace vite. Alors tant pis. De toutes manières, ce soir, j'ai pas envie de parler...
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