Pauline Croze en boucle. C'est du velours, il dit lui aussi. Pauline Croze en boucle et il fait beau dehors. Exactement le même temps que vendredi après-midi. Ce vendredi de mai où il n'y avait que quatre personnes en Littérature. Ce vendredi où on était quinze à sécher l'interro, quinze à aller acheter une glace deux boules. Ca faisait drôle. Comme une mini-révolution, comme un mini-remake de mai 68. C'était bête, mais rigolo. Parce que c'est marrant de faire les révolutionnaires comme ça. De se dépêcher de sortir du lycée au compte-goutte pour pas se faire repérer, d'essayer de passer inaperçue avec mon vélo mauve, de courir chez le glacier, de se dire qu'on est inconscients, de rire nerveusement, tout ça. Je me vois encore répeter mais non mais non vous êtes fous avec F. qui me pousse dehors sans que je me débatte vraiment. Je me revois aussi rentrer à la maison une heure plus tôt avec l'étonnement de mon père tout ça...
Mon père : bah ?! T'es déjà rentrée toi ?
Moi : euh... Oui...
Lui : mais, il est 16h. C'est pas justement 16h que tu devais terminer toi ?
Moi : si si. Mais en fait, on a séché la Littérature...
Lui : ah bah c'est bien !
D.S. de Philo aussi, avec une image et un petit message du prof sur le sujet. Un joli sujet de dissertation. Joli mais glissant. Puis refuser l'invitation des autres aller c't'aprem, on va pic-niquer à l'Orangerie ! Rentrer à la maison avec des débris de pensée dans la tête. Le soleil brille fort. L'appeler pour lui dire que pour ce matin, je sais pas. Comme d'habitude. Faire des courses, sourire aux gens. Je suis de bonne humeur et j'ai plein de projets pour cet après-midi, même s'il est déjà un peu tard.
Mais finalement, me coucher dans l'herbe avec elles, discuter ou pas. Regarder le ciel, rire quand elles disent décidément, toi, tu peux pas sortir avec quelqu'un normalement. H. parle de F. A. de M. Une se plaint, l'autre se tourne en dérision et râle gentiment. Croiser la voisine-qui-se-mêle-de-tout. Prendre des nouvelles de mon grand-père. M'ennuyer un peu alors que j'ai pas le temps. Manger un joli cône et secouer la tête quand mon père me dit que les Litts, quand même, ils t'encanaillent un peu hein... Manger un joli cône, balancer mes jambes, fredonner et. Penser à lui, un peu quand même oui.