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Appolline
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-Exposée une heure avant-
Ca cogne encore. Ca cogne toujours. Ca cogne tellement fort que mon coeur balance. J'ai envie de vomir. C'est dégoûtant tous ces cris, c'est dégoûtant tous ces mots, tous ces reproches, toutes ces horreurs qui sortent de vous. On dirait des animaux. Ou même pas. Ou même plus. Ils sont tous tout rouges. L'un tremble, l'autre serre les lèvres. Il dit qu'il a envie de. Qu'il peut plus. Qu'il veut rien, parce que de toutes façons il y a rien à faire. Discours inutiles. Et pourtant tout est toujours aussi rouge. Je regarde ma soupe aux lentilles. Jouer avec la cuillère en essayant de fermer mes oreilles, sans y toucher. Je m'en fiche je m'en fiche je m'en fiche. Littérature dans une heure alors je m'en fiche. Des choses qui volent autour. Des voix qui viennent s'écraser contre les murs. Je suis dans une grosse bulle. D'habitudes. Je ne les entends pas. D'habitudes. Non, je ne suis jamais vraiment là. Parce que faire l'autruche comme ça, c'est peut-être lâche oui, mais c'est ma manière de me protéger à moi. Il crie. Tu cries. Vous hurlez. Ils vomissent. Crachent presque du sang. La tête ne contrôle plus les mains, la tête ne contrôle plus rien. Les mots, les gestes, tout s'envole, tout s'en va. Mes yeux fixés sur la soupe au lentilles. Sentir le vent de leur gestes. Sentir leur haleine, chaude, brûlante. Sentir. Que je suis plus protégée. Que ma bulle, elle est explosée. Percée. dégonflée. Disparue. Noyée dans leur paroles. Ecorchée. Regarder ma soupe aux lentilles. De l'eau sur mes joues. Ils se regardent. Ils se crient dessus. Et moi, lamentablement. Hors de ma bulle. Les yeux fixés sur cette bouillie marron où j'étouffe mes sanglots. Ils ne voient rien. Eux ne voient plus. Tout est submergé. De cris.
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